La journée d’échange se déroulera le 31 octobre 2025 à Bliiida, 7 avenue Blida, 57000 Metz.

Quatre tables rondes et quatre présentations de travaux, avec une vingtaine d’intervenants issus de la création et de la recherche dans les champs du théâtre, du jeu vidéo, de l’audiovisuel… pour explorer des sujets qui s’offrent aux nouvelles dramaturgies.

La librairie Autour du Monde était présente lors de cette journée avec une sélection de livres.

 

DEROULE 

9h – Café d’accueil

9h30 – Mot d’accueil : présentation des Rencontres Européennes des Nouvelles Ecritures et compte-rendu du hakathon.

10h – Table ronde 1 : « Lost in formats » — quelles nouvelles dramaturgies pour le théâtre à l’heure du numérique ?
La scène contemporaine est en pleine mutation. Avec l’irruption du numérique, les formats se démultiplient : théâtre immersif, interactif, en ligne ou en métavers, œuvres en réalité virtuelle, podcasts, pièces « prêtes à jouer »… Autant de formes qui brouillent les frontières traditionnelles entre spectacle vivant, performance, récit, et dispositif.
La dramaturgie contemporaine devient protéiforme, souvent instable, portée par une logique de prototype plus que de répertoire. Pour les auteurs, chaque nouvelle forme appelle une nouvelle posture, une nouvelle manière d’écrire, de penser le récit, le public, le temps et l’espace.
Dans cette frénésie d’innovation, le théâtre semble paradoxalement redevenir un « art mineur », en tension entre marginalité expérimentale et tentative de réinvention radicale.
Comment écrire dans un monde où tout est déjà « déformaté » ?
Quels nouveaux contrats de présence, de narration, de réception se dessinent entre scène et spectateur ?
Quelle nouvelle tension entre artisanat et industrie ?  ?
Quels rôles pour les auteurs et autrices face à ces écritures transmédias ?
Autant de questions que nous poserons à nos invité·es, artistes et auteur·ices engagé·es dans ces nouvelles dramaturgies.
Avec Charles Ayats, auteur et concepteur XR ; Marc-Antoine Cyr, dramaturge et scénariste, animateur de festival d’écriture (Jamais lu France) ; Cyrielle Garson, enseignante-chercheuse, maîtresse de conférence à l’Université d’Avignon, Ian de Toffoli, dramaturge, membre du Gueuloir collectif transfrontalier et éditeur.  Animation : Godefroy Gordet, journaliste, auteur, metteur, coordinateur du Gueuloir, programmateur pour les 3 scènes de Saint Dizier.

Plus d’infos sur la table 1 ICI

11h – pause

11h15 – Lecture d’extraits de la pièce Liah et moi de et par Pauline Sales ;

11h45 – Table ronde 2 :  « Écrire avec la machine ? Nouvelles collaborations entre auteurs et intelligences artificielles au théâtre »
L’intelligence artificielle n’écrit pas à notre place, mais elle écrit avec nous.
Dans le domaine du théâtre, cette co-écriture émergente interroge en profondeur la pratique dramaturgique : que signifie « écrire une pièce » à l’ère des algorithmes génératifs ? L’IA devient-elle outil, partenaire, miroir ou perturbateur ?
Depuis quelques années, des auteurs et autrices expérimentent avec ces nouvelles formes de collaboration : suggestions textuelles, génération de dialogues, dramaturgies algorithmiques, récits interactifs codés, voire avatars virtuels capables d’improviser en temps réel. Ces pratiques hybrides bousculent la temporalité de l’écriture, la notion d’auteur·e, le rôle du langage, et jusqu’à la présence scénique.
Au-delà des prouesses techniques, des enjeux artistiques majeurs se dessinent :
– Comment l’IA influe-t-elle sur les structures narratives et les formes dialoguées ?
– Peut-elle nourrir l’imaginaire théâtral ou le contraindre au formatage dans des logiques reproductives ?
– Ces écritures assistées ou augmentées marquent-elles l’émergence d’une nouvelle dramaturgie ?
– Et quel sens politique et poétique donner à ces alliances homme-machine sur une scène encore profondément humaine ?
Ce temps de réflexion collective donnera la parole à des artistes, auteurs, chercheurs et praticiens qui explorent, chacun à leur manière, ces territoires inconnus où l’écriture dramatique rencontre l’intelligence computationnelle.
Avec Valérie Cordy, artiste numérique ayant une pratique avec une IA nommée Adelaïde; Nicolas Gagnon, artiste explorant la performance avec agents conversationnels; Eli Commins, directeur du Lieu Unique de Nantes et fondateur de Chimère, Marilyn Mattei, autrice dramatique. Animation : Franck Bauchard, chercheur sur la scène et les technologies, ancien directeur d’institutions artistiques et culturelles et coordinateur des politiques numériques, ministère de la culture.

Plus d’info sur la table 2 : ICI

12h45 – pause déjeuner, avec possibilité de restauration sur place (sur résa au moment de l’inscription)

14h – Lecture d’extraits et présentation du Labyrinthe Invisible, de et par Samuel Gallet.

14h30 – Table ronde 3 : « Du spectateur au joueur » — Comment les nouvelles écritures réinventent la place du public jeune ?
À l’ère du numérique ubiquitaire, la place du spectateur au théâtre est en pleine transformation.
Les nouvelles formes — immersives, interactives, participatives, parfois hybrides avec le jeu vidéo ou la XR — déplacent les cadres traditionnels de la réception. Du spectateur assis à celui qui agit, joue, répond, influence, le théâtre explore aujourd’hui des formats où la frontière entre scène et salle devient poreuse.
Cette mutation n’est pas qu’esthétique. Elle interroge en profondeur notre rapport à la présence, à la participation et à l’attention. Comme le note Fred Deslias, la scène est désormais en concurrence avec une performativité permanente, celle des réseaux sociaux, des environnements numériques où chacun est déjà acteur de soi-même.
Dans ce paysage, les adolescents et les jeunes publics occupent une place cruciale. Nés dans un univers numérique, leur rapport aux écrans, à l’attention fragmentée, à la narration éclatée est déjà constitué. Ils sont les premiers spectateurs-joueurs. Mais comment leur offrir, à travers le théâtre, des espaces de recul, de décodage, d’émancipation ?
Quels outils donner aux jeunes pour décrypter les codes technologiques qui les entourent ?
Comment le théâtre peut-il redevenir un espace d’éducation aux médias et de développement du regard critique ?
Quelles formes inventer pour capter l’attention de ce public sans céder à la logique de la captation algorithmique ?
Ces questions touchent aussi à la santé mentale et cognitive des jeunes, à leur rapport au corps, à l’image, à la présence à soi et aux autres. Le théâtre, en tant qu’art du vivant, peut-il être un lieu de réparation ou de régulation face à l’excès de virtualité ? Peut-il offrir un contrepoids sensible à un monde saturé de stimuli ?
Enfin, ces nouvelles écritures posent une question politique : ainsi que le dit le chercheur et curateur Franck Bauchard, « Il ne s’agit plus de s’adresser à 1000 personnes, mais à 1000 fois une personne ». Dès lors, quel nouveau contrat inventer entre les artistes et leur public, entre la scène et ces jeunes spectateurs de demain, à la fois critiques, joueurs et créateurs ?
Avec Pauline Sales, metteure-en-scène, autrice et actrice; Sébastien Genvo, professeur et game designer, Pauline Collet, metteure-en-scène, autrice ; autres intervenants en cours. Animation Laurent di Filippo, maitre de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lorraine.

Plus d’info sur la table 3 : ICI

15h30 – pause

15h45 – présentation du projet des Burgers Sanglants de Camille Duvelleroy par Fabien Giurgiu, producteur de la société Fourmi Rouge.

16h15 – Table ronde 4 :  « Nouvelles écritures hybrides : quel écosystème européen ? Du labo à la scène, de la scène aux territoires : construire les conditions d’existence des écritures hybrides »

Comme présenté dans les tables rondes précédente : un nouveau champ artistique s’invente à la croisée du théâtre, du numérique, de la création interactive et des technologies immersives. Des œuvres mêlant performance scénique, réalité virtuelle, scénarios interactifs, IA générative ou médias alternatifs voient le jour, souvent à la frontière entre disciplines, formats et statuts.

Mais si les formes évoluent, qu’en est-il des modèles professionnels et économiques qui les accompagnent ?

En France, mais aussi en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg… dans les capitales comme dans les territoires, ces nouvelles écritures, à la fois expérimentales, collaboratives et technologiques, se développent dans un écosystème instable, parfois hors des circuits institutionnels habituels. Elles soulèvent des questions concrètes sur lesquels nous aimerions recueillir vos expériences, et partager de pays à pays, de territoire à territoire :

– Quels acteurs, lieux ou institutions produisent ces œuvres ? Avec quels financements ?

– Comment intégrer ces pratiques dans les cadres de financement et d’accompagnement au local, national, et à l’échelle europenne ?

– Quels modèles pour pérenniser des œuvres souvent pensées comme prototypes (infinité des possibles en termes de formats, de techno, de rapport au public…)  ?

– Quelles est la place de l’enseignement et de la recherche dans l’émergence et la pérénisation de ces parcours hybrides ?

– Quel rôle pour les théâtres, les institutions, tiers-lieux, incubateurs, réseaux européens ?

Face à ces défis, une réflexion collective s’impose : pour que l’innovation formelle ne rime pas avec précarité structurelle, et pour que ces écritures puissent s’inscrire durablement dans le paysage culturel.

Cette table ronde réunira des professionnels du spectacle vivant, du numérique, des institutions culturelles, de l’économie créative, pour dessiner les contours d’un écosystème à la hauteur de ces nouvelles formes.

Plus d’info sur la table 4 : ICI

17h15 – « Manifeste-stations » : présentation du stage de Franck Bauchard avec les étudiants en L3 Arts du Spectacle (Université de Lorraine).

17h45 – conclusion et pot 

19h15 – Les Burgers Sanglants de Camille Duvelleroy, Claire Saint-Pierre, Franck Yaya.

Réalisation : Camille Duvelleroy 
Avec Ana Blagojevic, Ike Zacsongo-Joseph, Matthieu Penchinat, Sophie Mounicot, Alexandre Pesle, Jeanne Hendschel, Benjamin Haddad, Théodore Diou-Hirtz, Ponce  
Coproduction : ARTE France, Fourmi Rouge
(France, 2025, 3h)
Une comédie interactive diffusée en direct sur Twitch, YouTube et Arte et dans la Walking Ghost Hall de Bliiida. L’artiste Camille Duvelleroy vous invite à participer à cette expérience inédite, entre film et spectacle vivant.
De retour à Metz, Malik et Lou aident Ophélie à organiser le mariage de Valentin… sur le thème de l’épouvante. Mais alors qu’ils croyaient faire peur aux invités, c’est eux qui vont avoir la frayeur de leur vie en affrontant l’Écorcheur, l’impitoyable fantôme qui hante les anciens abattoirs de la ville depuis leur fermeture…. Quel est son terrible secret ?
Au programme : disparitions inquiétantes, malédictions en tout genre, séance de spiritisme et exorcisme en grande pompe.
Dans cette suite, toujours interactive, des Burgers Volants, Lou et Malik se trouvent aux prises avec leurs propres peurs. Le public les poussera-t-il à les affronter ? Nous le saurons le 31 octobre.